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La religion- Tim Willocks -
Le roman est avant tout la relation précise du siège - l’un des plus formidables de tout l’Occident Moderne - des places fortes de l’île de Malte en 1565. Il oppose les chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui tiennent Malte alors, aux troupes ottomanes de Soliman. Il est aussi le récit de quelques mois de l’existence de plusieurs personnages pris dans la tourmente des combats, créés par Tim Willocks ou refaçonnés par lui. Mais il est surtout une véritable œuvre littéraire, d’une construction remarquable, rédigée dans une langue admirable. C’est dur, extrêmement dur et pourtant empreint de beauté. Dans la veine du prodigieux C’est ainsi que les hommes vivent de Pierre Pelot.
A lire absolument.
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Nuée d’oiseaux blancs Yasunari Kawabata
Ce roman, petit bijou de la littérature japonaise, permet de mieux comprendre les coutumes japonaises, en particulier la fameuse cérémonie de thé décrite à la perfection.
Le héros, Kikuji Mitani vient de perdre son père et s’il hérite de sa fortune, il existe d’autres legs bien plus difficiles à assumer. Les deux anciennes maîtresses de son père ainsi que la fille de l’une d’entre elles tournent autour de lui inlassablement en ravivant certains souvenirs douloureux de son enfance lorsque sa mère devait supporter les infidélités de son mari. La présentation d’une fiancée possible par la première maîtresse de son père lors de la cérémonie de thé dont on comprend grâce à ce roman toutes les subtilités va achever de troubler l’esprit tourmenté de Kikuji.
Dans ce roman très sensuel, tous les sens sont sollicités et tous les détails concernant les objets, les couleurs, les parfums ont une grande importance à la fois pour le récit et dans la compréhension des mœurs japonaises.
En 1968, Yasunari Kawabata obtient le prix Nobel de littérature.
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Le pavillon d'or - Yukio Mishima
Le pavillon d’or de Kyoto a été brûlé en 1950 par un jeune moine bouddhique. Tout l’art de Mishima consiste à se mettre dans la peau du jeune bonze pour tenter de comprendre l’engrenage morbide qui l’a conduit à commettre un acte aussi fou qu’incompréhensible.
Si le profil psychologique du jeune moine nous semble difficile à pénétrer tant il est torturé et tortueux, il faut garder en tête que la mentalité japonaise est très différente de la nôtre, garder l’esprit ouvert et simplement se laisser porter par la langue merveilleuse de Mishima.
Le pavillon d’or a été reconstruit à l’identique en 1955 et depuis 1994, il fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco ; la visite intérieure est malheureusement interdite.
Mishima est avec Kawabata l’un des plus grand écrivains japonais du XXème siècle ; il se suicide en 1970.
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Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie Nothomb
L’histoire se déroule à Tokyo de 1989 à 1991 : Amélie Nothomb raconte son aventure sentimentale avec le jeune japonais Rinri de façon parallèle à « Stupeur et tremblement » qui est le récit de sa vie professionnelle ratée au Japon.
Le contraste entre les deux aspects de sa vie au Japon à cette période est saisissant : « Stupeur et tremblements », c’est une véritable descente aux enfers dans un monde du travail très différent de nos habitudes européennes, hiérarchisé, dur, exigeant où aucune faiblesse n’est tolérée. « Ni d’Eve ni d’Adam », c’est un récit léger, plein d’humour, riche en découvertes amusantes des coutumes japonaises. Amélie Nothomb est le professeur de français du jeune tokyoïte Rinri mais très vite les leçons de français deviennent l’occasion d’un véritable échange linguistique puis de relations plus intimes. La fin est inattendue et délectable.
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La double vie d'Anna Song - Minh Tran Huy
Ce magnifique récit est tiré d’une histoire vraie, celle de la pianiste Joyce Hatto.
Plusieurs voix se font entendre pour raconter l’histoire poignante et romantique d’Anna, celle de Paul Desroches, son mari qui est aussi le narrateur et en caractères italiques celles des journalistes qui ont encensé puis laminé la pianiste, accusée d’avoir utilisé les enregistrements d’autres pianistes.
Au fil du récit, le lecteur est entraîné dans un univers où la vérité se dérobe, où parfois même les mensonges avérés de Paul Desroches deviennent plus tangibles qu’une réalité triviale.
Peu à peu, le lecteur est envoûté par la folie imaginative d’un homme profondément amoureux capable d’inventer une vie à la dimension de son amour.
Minh Tran Huy dont c’est le second roman a su créer un monde fascinant où le narrateur s’efface devant sa femme en essayant de relier sa vie actuelle à l’histoire de son pays, le Vietnam intimement lié au destin tragique de sa famille. La fin est étonnante car le lecteur va découvrir qu’une autre interprétation de l’histoire est possible. A lui de choisir.
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Joan Didion, Pensée Magique, Grasset
Joan Didion est une figure importante de la vie intellectuelle aux Etats Unis. Elle contribue encore actuellement à 75 ans à la rédaction de grands magazines américains.
« L’année de la pensée magique » a été consacré meilleur livre de l’année 2006 aux Etats Unis et traduit en français en 2007. Dans ce roman, largement autobiographique, Joan Didion analyse le moment où son mari est décédé d’une crise cardiaque : « on s’apprête à dîner et la vie telle qu’on la connaît s’arrête ». C’est le journal sans complaisance d’un deuil car, pendant une année entière, la narratrice va imaginer le retour de son compagnon, nier le décès auquel elle a pourtant assisté tellement la vie sans son mari est inconcevable. Le récit, parfaitement maîtrisé dans une langue sans fioritures mais très efficace oscille entre passé et présent, réflexion sur le vieillissement et la mort et histoire bien réelle d’une vie à deux. S’ajoute en parallèle le récit de la vie de sa fille dont l’existence est également menacée. C’est un livre magnifique dont on ne sort pas indemne.
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Opération mort de Shigeru Mizuki
Shigeru Mizuki né en 1922 a vécu la guerre du Pacifique. Il nous livre un récit autobiographique d’un cauchemar vécu en 1943 sur une île de Papouasie-Nouvelle Guinée.
Sur cette île qui aurait pu être paradisiaque, une troupe de cinq cents hommes est sacrifiée par l’état major japonais pour retarder l’avancée des américains. L’introduction replace intelligemment l’histoire dans le contexte culturel et psychologique qui prévalait au Japon. Cette mission suicide est désignée par le terme de Gyokusai qui signifie littéralement : « se suicider collectivement pour rendre leur honneur à l’Empereur et au pays ».
Loin de l’héroïsme supposé, les soldats ont moins à redouter de leurs ennemis que de la faim, la maladie ou de leurs officiers lorsqu’ils se sont mis en tête de « sauver dignement l’honneur de l’armée et de leur patrie ».
Certes, la brutalité de la guerre est bien présente. Mizuki alterne de façon glaçante un dessin très simple avec des images d’une précision effrayante. Son humour vient en contre-point dans son récit souligner l’absurdité de la guerre, l’aveuglement des dirigeants.
Ceux qui ont vu le film « Lettres d’Iwo Jima » de Clint Eastwood ne pourront s’empêcher de faire le lien entre ces deux œuvres. Car plus que la dénonciation de la machine à broyer les corps et les âmes, il est question de la profonde humanité des victimes et de leur appétit de vivre. Dans la postface, Mizuki rappelle que « le fait d’avoir survécu à une « opération mort » n’est en aucun cas une preuve de lâcheté […], mais au contraire un ultime sursaut de résistance comme l’être humain est capable d’en avoir. »
Mizuki a obtenu en 2009 le prix du patrimoine du festival d’Angoulême après avoir obtenu en 2007 le prix du meilleur album pour NoNonBâ
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Histoire couleur terre de Kim Dong-Hwa
3 Tomes
On connaît trop peu de choses de la bande dessinée coréenne. Casterman dans sa collection « écritures » nous livre en trois tomes un récit lumineux, hommage à la féminité.
Dans une Corée rurale et traditionnelle, la petite Ihwa grandit, passe de l’enfance à l’âge adulte jusqu’à son mariage. Elle vit seule avec sa mère qui est veuve. Celle-ci tient une taverne, ce qui lui confère une liberté singulière dans une société patriarcale.
Dans une existence pétrie de solitude et de monotonie, rythmée par les conversations des clients, le passage de l’écrivain public est une parenthèse enchantée. Conjuguant liberté et attachement, il est celui qui arrive lorsqu’on ne l’attend plus.
Ihwa de son côté nourrit ses premiers émois amoureux à l’égard d’un moinillon, inaugurant sa vie sentimentale par des amours impossibles : trouble et renoncement… Avant de trouver celui qu’elle épousera.
Le récit en soi n’a rien de spectaculaire. Il s’agit de l’émancipation de deux femmes : l’une par rapport à sa mère, l’autre par rapport à une société traditionnelle rigide. Surtout, il s’agit de la complicité qui peut exister entre une mère et sa fille.
La découverte de la vie sentimentale et sexuelle est évoquée avec une infinie délicatesse. La symbolique de la nature (fleurs et papillons…) omniprésente, ainsi qu’un dessin gracieux confèrent au récit une poésie subtile.
Avec pudeur, Kim Dong-Hwa rend hommage aux femmes, mais aussi à la vie et à l’amour.
Hommage emprunt d’une grande sérénité.
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Le boulevard périphérique, Henry Bauchau
Henry Bauchau est un psychanalyste mais surtout un très grand auteur dans des domaines littéraires variés comme la poésie, le théâtre, les essais et les romans.
A 95 ans, il signe avec « le boulevard périphérique » un roman exceptionnel ; rappelons qu’il a obtenu le prix du livre inter 2008.
Le roman se situe en 1980 à Paris mais au fil de ses voyages quotidiens sur le périphérique souvent encombré pour accompagner vers une mort que l’on sait prochaine sa belle-fille atteinte d’un cancer, le narrateur se remémore un autre drame encore très présent dans son esprit et survenu 36 ans auparavant, celui de son ami Stéphane décédé à la fin de la seconde guerre mondiale. Le récit oscille sans cesse entre présent et passé à la façon d’un puzzle dont l’ensemble et la cohérence ne sont reconstitués qu’à la fin du livre. Le lecteur est vite prisonnier d’une langue magnifique, aussi fluide et légère que le sujet est difficile et lourd. Avec ce roman dont on espère bien qu’il ne sera pas le dernier, Henry Bauchau réussit parfaitement à rendre accessible la grande littérature. |
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Sur la plage de Chesnil, Ian Mc Ewan
L’essentiel de ce petit livre superbement écrit se déroule dans une auberge du Dorset en Angleterre dans les années 60. C’est une tragédie moderne avec unité de temps, de lieu et d’action mais dont les conséquences ramassées sur les quelques pages finales vont s’avérer bien lourdes.
Le thème de la première expérience sexuelle est traité avec beaucoup de pudeur et de finesse et le lecteur passe avec beaucoup de fluidité du point de vue du jeune marié à celui de sa femme. Chaque protagoniste est pris au piège de ses angoisses et de ses difficultés à les exprimer.
Cette nuit de noces, le lecteur sait très vite qu’elle se terminera mal mais il ne peut lâcher le récit pour autant ; par petites touches, avec des retours en arrière, l’auteur nous dépeint non seulement le portrait de deux jeunes gens dans les années 60 mais aussi celui d’une Angleterre encore puritaine et pesante. |
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La route, Cormac Mc Carthy
Le roman se passe dans un futur post apocalyptique dans un monde effrayant où un père et son fils luttent chaque jour pour survivre.
Ils fuient vers le sud sur la route avec leur caddie plein d’objets de récupération et de quelques boîtes de conserve mais le temps presse car le froid et la neige représentent une première menace. Hélas, ce n’est pas la seule car des bandes de « méchants » devenus anthropophages par manque de nourriture les guettent. Peu de chances de tomber sur des « gentils » mais ce pari sera quand même relevé par l’enfant, plus confiant que son père dans l’avenir d’une humanité en déroute.
Le lecteur se retrouve plongé dans un univers terrifiant où la mort peut frapper à tout instant et le style de McCarthy, dépouillé et distant vis à vis de ses personnages colle parfaitement au récit. Envoûtant |
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"Swap" Anthony Moore
Anthony Moore est le pseudonyme d’un psychanalyste anglais et « Swap » est son premier roman paru chez Liana Levi en janvier 2008.Le titre sonne comme une onomatopée de bande dessinée et, en effet, c’est bien ce genre littéraire qui est au cœur du livre ; pour être plus précis, il s’agit du superman n°1, une bande dessinée introuvable et très cotée dans le monde des collectionneurs. Notre héros, Harvey, l’a possédée lorsqu’il était enfant et échangée contre un morceau de plastique. Or, devenu à l’âge adulte (quelle ironie du sort !) libraire spécialisé en bandes dessinées, il n’a de cesse de la retrouver. Mais le parcours se révèle plus difficile que prévu et il va non seulement retrouver une enfance bien différente de ce qu’il gardait en mémoire mais son idée fixe va le conduire, au fil des imbroglios, vers une issue plutôt insolite. Le scénario, bien ficelé et riche en rebondissements est parfaitement mis en valeur par un style, rapide, incisif et surtout par un humour décapant à souhait. |
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La Joueuse de go de Shan Sa
publié en 2001.
L'auteur est chinoise d'origine, née à Pékin en 1972. Elle quitta la Chine pour Paris en 1990 et l'écriture en chinois pour celle en français.
1937. La joueuse de go a seize ans. Elle est belle, pure et fière. Dès qu'elle le peut, elle s'échappe pour se rendre place des Mille Vents où jour après jour, des joueurs de go s'affrontent sous la chaleur torride de l'été ou le froid terrible de l'hiver.
Dans une Mandchourie occupée par les Japonais, elle tente de vivre sa vie d'adolescente de la façon la plus normale possible, même si la dure réalité se rappelle à elle plus souvent qu'à son tour. Un jour, de l'autre côté du damier apparaît un jeune homme inconnu, et une partie de go s'engage, intense et silencieuse.
Le jeune soldat japonais a vingt ans. Fort de ses convictions, il s'en va conquérir cette Chine dont on lui a parlé tant et tant. Joueur de go confirmé, il utilise son don pour infiltrer les résistants en se mêlant aux joueurs de la place des Mille Vents. Hanté par le sens du devoir et la peur de faiblir, il se veut dur et fort, mais ne peut empêcher les sentiments de pénétrer sa carapace.
A travers la partie de go qui les oppose, par-delà les silences et les regards, ces deux êtres que tout sépare vont apprendre à se connaître au plus profond de leur âme.
Ce livre magnifique bien que très dur donne tour à tour la parole à l'un et à l'autre. On suit ainsi pas à pas, à travers des chapitres courts et des phrases incisives, l'évolution des pensées de la jeune mandchoue et du soldat japonais.
L'écriture de Shan Sa est tout simplement parfaite. Pas une seule fausse note, pas un mot de trop ou de trop peu, chaque phrase dégage une puissance et une force indomptables. C'est un livre qui vit, qui respire, qui dégage de la douleur, de l'amour, de la passion à l'état pur, une sensualité qui fleurit doucement à travers les horreurs de la guerre. C'est un hommage aux Chinois résistants dont trop souvent on ignora la grandeur et les souffrances. C'est une histoire oubliée qui resurgit du passé à travers un roman plein de beauté et de souffrance. |
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Exploration des routes de la soie et au-delà 2000 ans de cartographie.
Kenneth Nebenzahl
Motivés par le commerce des épices, de la soie et le prosélytisme, les plus intrépides des occidentaux ont risqué leur vie pour découvrir de nouvelles routes vers l’Orient. Ce livre, par une sélection de cartes, nous fait découvrir l’évolution des découvertes de ces aventuriers et leurs représentations.
Chronique visuelle passionnante des cartes et de leurs auteurs, cet ouvrage permet de confronter les représentations du monde des cartographes portugais, espagnols, turcs ou chinois… Avec ses enjeux et ses péripéties.
La couverture est illustrée d’un détail d’une carte de Velho, cartographe portugais assassiné alors qu’il s’apprêtait à travailler pour le Roi de France Charles IX. Il prétendait détenir des informations secrètes sur 3000 lieues de côtes riches en or et en argent...
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Maroc Tapis de tribus
Musée du tapis et des arts textiles de Clermont-Ferrand
Objet utilitaire, objet décoratif et identitaire le tapis marocain est une source documentaire. Il témoigne d’un savoir-faire séculaire, d’une mémoire collective et de la force créatrice des marocaines.
Véritable invitation au voyage, ce livre nous initie à l’histoire de ces tribus, à la technique ainsi qu’à la symbolique. Comme en témoignent les travaux de l’abbé Breuil ou d’André Leroi-Gourhan, certains symboles sont connus depuis la préhistoire comme le losange qui exprime la féminité, la fertilité, le lien entre le ciel et la terre… Couleurs qui protègent des maladies ou des accidents, couleurs des sages ou des rêveurs.
Ce livre s’appuie sur deux collections privées pour nous faire découvrir cette art populaire qui s’exprime au travers de ces « tapis-tableaux » que l’exportation vide inévitablement d’une partie de ses fonctions premières.
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Claire DALZIN
A travers le Haut-Aragon dans les pas de Lucien Briet
Editions du Cairn, 2007
Claire Dalzin, bibliothécaire à Toulouse et passionnée par le Haut-Aragon a refait pour notre plus grand plaisir une partie des périples du célèbre photographe pyrénéiste du début du siècle.
Elle retrace bien sûr la vie et le parcours de Lucien Briet mais elle met également en parallèle les photos de Briet avec les siennes ce qui permet de comparer le Haut-Aragon du début du siècle à celui d’aujourd’hui sous plusieurs angles : les paysages, l’habitat, le mode de vie. Certes, le Haut-Aragon revit aujourd’hui grâce au tourisme et il était temps car malgré tout beaucoup de villages ont disparu et parfois la nature reprend un peu trop ses droits en modifiant profondément les paysages : quelques-unes des photos de Claire Dalzin illustrent parfaitement cette évolution (le presbytère de Vio, le village de Morcat, les alentours de Yeba….) Encore faut-il également que le développement touristique soit raisonné et aille dans le sens d’une remise en valeur du magnifique habitat existant et non vers des constructions nouvelles sans lien avec l’histoire de cette extraordinaire région.
Ce livre est un vrai régal et si vous pouvez en même temps visiter cet autre versant des Pyrénées, vous l’apprécierez encore davantage.
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Diane Arbus Revelations
Ed. Random House, New York, 2003
Diane Arbus (1923-1971) a débuté dans la photographie de mode à New-York puis s’est très vite consacrée à photographier les gens « différents » : travestis, gens du cirque, gens grimmés, déguisés…Posant la question de l’humanité et de la normalité elle réalise une recherche sur l’identité. Les images sont très troublantes. Les thèmes sont très familiers voire d’une grande banalité et pourtant l’étrange et le bizarre happent le spectateur. Le regard porté est très juste et fin.
Elle disait : « A photograph is a secret about a secret. The more it tells you the less you know. » (une photographe c’est un mystère à propos d’un mystère. Plus elle en dit et moins on en sait ).
Une grande rétrospective de son œuvre a été présentée au San Fransisco Museum of Modern Art en 2003, au MOMA à New York en 2006, puis à Londres et à Barcelone. Cette exposition a donné lieu à la réalisation d’un catalogue proposant photographies, planches contacts, biographie, essai sur la photographe, extraits de lettres et d’articles. Son œuvre est incontournable pour qui s’intéresse à la photographie.
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Le Clan des Otori, le silence du rossignol
Lian Hearn
Dans sa forteresse d’Inuyama, l’impitoyable seigneur Iida Sadamu, du clan des Tohan, assure sa protection grâce au “ parquet du rossignol ” qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante au moindre effleurement d’un pied humain. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende…
Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal.
Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie.
Sa quête le conduira derrière les murailles d’Inuyama, où il devra franchir le parquet du rossignol… cette nuit-là le rossignol se taira-t-il ?
Lian Hearn donne naissance dans ce premier livre du Clan des Otori à un univers intensément poétique où les personnages sont aux prises avec les codes sévères d’une société qui exacerbe les passions.
Ce roman à deux voix, puissant et captivant, qui suit les destins entremêlés de Takeo et de Kaede, est servi par une écriture claire et ciselée. Il trouvera chez tous les lecteurs, dès l’adolescence, une résonance universelle et profonde.
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t. 2 : les neiges de l'exil
t.3 : la clarté de la lune
t.4 : le vol du héron

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Les photographes de la FSA, farm security administration. Archives d’une Amérique en crise 1935-1943
Auteurs : Gilles Mora et Beverly W. Brannan
Ed. : Seuil, 2006
La Farm Security Administration (FSA) a été créée en 1937 (initialement créée en 1935 sous le nom de Ressettlement administration) dans le cadre du New Deal. C’était une agence ayant pour mission l’aide à l’agriculture. Sa section photographique a employé quinze photographes qui ont été chargés entre 1935 et 1942 de faire un reportage sur les campagnes américaines pour informer les américains et soutenir l’action gouvernementale. Ils ont parcouru les campagnes et photographié la vie rurale de l’Amérique durant la grande dépression.
Cette section était dirigée par Roy E. Stryker : Il s’agit principalement de l’Amérique rurale. Ce sont les fermes et les petites villes et les grandes routes au milieu. Mais, plus important, il y a dans cette collection une attitude face aux gens. … nos photographes avaient une chose en commun, et c’était un profond respect face aux être humains…
Les images des métayers de l’Alabama de Walker Evans, de l’architecture vernaculaire, des pancartes, affiches comptent parmi les chefs d’œuvre de la photographie et ont influencé durablement le monde de la photographie contemporaine.
La Mère migrante de Dorothea Lange est peut-être la plus célèbre.
Les photographies de la FSA constituent la documentation photographique la plus complète sur les conditions de vie aux Etats Unis entre 1935 et 1943, montrant les terribles conditions de vie pour tant de gens. C’est un portrait humain de l’Amérique en crise.
Outre une méthode documentaire remarquable, de nombreuses images sont devenues des références.
Ce livre, présente les œuvres des 15 photographes à partir des 177 000 négatifs conservés à la Bibliothèque du Congrès, de nombreuses images sont inédites.
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Ars grammatica
Auteur : David Bessis
Editeur : Allia
Date de parution : août 2006
Ars grammatica est un petit livre de 72 pages. Sur chacune, on peut lire une sorte de schéma constitué de mots isolés dans des bulles reliées entre elles par des lignes droite ou des courbes. Ces schémas forment des sortes de graphes, de dessins.
Comment les lire ? il n’y a pas de point d’entrée ni d’ordre de lecture. Le lecteur reconstitue les liaisons syntaxiques manquantes selon un sens de lecture qu’il choisit lui même. Il interprète les relations spatiales. Le sens se dégage autant des mots que de la manière visuelle dont ils sont liés entre eux : lignes et emplacement topographique sur la page.
On s’appercoit vite que les mots forment une histoire, décrivent une situation, entre narration et poésie. C’est court, ludique parfois drôle, souvent juste et original. En deux mots : découvrez le !
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Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
Actes Sud. Collection Actes noirs
1er volume d’une trilogie : « Millénium 1», revue d’investigations sociales et économique
Mickael Blomkvist ancien rédacteur à la revue est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis 40 ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mickael cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour ou une intuition lui fait reprendre un dossier…
A lire d'une traite, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes se reçoit comme une poignée de neige sur le visage. Un jeu sans conséquences mais qui peut révéler des tensions sous-jacentes. Un récit qui n'est pas sans rappeler Festen, le film de Thomas Vinterberg.
2ème volume : La fille qui rêvait d’une allumette et d’un bidon d’essence - Millénium 2
3ème volume : La reine dans le palais des courants d’air - Millénium 3
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Hélène Hanff : 84, Charing Cross Road.-Autrement littérature, 2001
Ce livre, publié aux Etats Unis en 1970 n’a été traduit qu’en 2001 en France alors qu’il a connu un grand succès outre atlantique.
Or, ce livre, pur joyau d’humour et de fantaisie est remarquablement écrit. Il s’agit de la correspondance entre une américaine bibliophile et un libraire londonien. Commencé en 1949, l’échange épistolaire se termine en 1969 et les liens tissés entre Hélène Hanff et l’équipe de Marks & Co libraires deviennent de plus en plus chaleureux et personnels. Cette correspondance se lit comme un roman ; elle se relit toujours avec le même plaisir…un livre rare
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Julian Barnes : La table citron
Julian Barnes est né en 1946, Il a écrit neuf romans, un recueil de nouvelles et deux livres d'essais.
Il est surtout connu en France pour son roman Le perroquet de flaubert.
Chez les chinois, le citron symbolise la vieillesse et la mort. Ce sont 11 nouvelles qui parlent de la vieillesse ou plutôt du temps qui passe et du rapport au monde et aux gens, qui change.
Et à chaque fois d’une manière surprenante : trois séances chez le coiffeur à différents âges de la vie pour le héros de la première nouvelle, la correspondance d’une vieille dame qui écrit, depuis sa maison de retraite, à l’auteur lui même ou encore l’obsession d’un mélomane qui ne supporte pas les gens qui toussent pendant les concerts. Une sorte d’universalité humaine se dégage de tous les portraits brossés dans ces nouvelles. Ce sont des histoires parfois tragiques, parfois cruelles mais ça n’est jamais triste, c’est même plutôt drôle
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Colorama, Les plus grandes photographies du monde made in America - Alison Nordström, Peggy Roalf
De 1950 à 1990, dans la Gare centrale de New York, sur le grand mur est intérieur de la gare, Kodak installe des diapositives géantes rétro éclairées de 5,5x18m. 565 photographies couleurs, appelées coloramas, ont ainsi été exposées au regard du demi million de personnes qui passent chaque jour. Les photographies, mises en scènes, représentent les valeurs américaines de l’époque : paysages grandioses, vie de famille idéale, vacances traditionnelles, évènements édifiants, vision romantique et rassurante des lieux exotiques…. C’est une formidable campagne promotionnelle commerciale pour Kodak pour introduire la photographie comme pratique familiale de chacun. Mais au dela de là campagne commerciale c’est une formidable promotion de la photographie elle-même qui est faite. Des photographes illustres y ont participé : Ansel Adams, Ernst Haas ou Eliot Porter. Dans son intéressante préface à l’ouvrage qui donne à voir une quarantaine de ces images Alison Nordström cite pertinemment Guy Debord : "Là où le monde réel se change en simples images, les simples images deviennent des êtres réels et les motivations efficientes d’un comportement hypnotique".
Ces photographies ont récemment fait l’objet d’une exposition au Musée Nicéphore-Niepce de Chalon-sur-Saône.
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Museum, de Véronique Roy, éditions Fayard
Voici une enquête policière menée tambour battant dans le contexte de la querelle entre les créationnistes, convaincus des origines divines de l’homme et les évolutionnistes, héritiers des thèses de Darwin.
C’est au sein d’une bien remarquable institution, le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, que se déroule l'action : des meurtres, huit en tout, dans le cercle de la communauté scientifique et du personnel du musée ; tous perpétrés dans des conditions abominables et suivis de mises en scènes qui font froid dans le dos !
Trois personnages, aux caractères bien trempés, vont résoudre cette énigme et mettre fin à l’hécatombe : une brillante conservatrice de bibliothèque, un géologue-paléontologue américain, athée de surcroît, et un éminent scientifique dépêché du Vatican, prêtre de son état ! un trio détonnant et d’une efficacité redoutable, qui mettra un terme aux horreurs qui font trembler les murs du vénérable Muséum
Un récit passionnant, intelligent, magistralement bien mené qui vous titillera jusqu’aux dernières pages et que vous ne poserez qu’une fois terminé !
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